Nicolas Xavier Galerie - Art Contemporain

Bando

Il est inimaginable de penser à ce que le public appelle “graffiti” en Europe, sans mentionner le nom de Bando, et contempler l’influence massive qu’il aurait exercée sur la culture. Ayant été introduit à la culture dite “Writing” par Bear 167, Bando était le premier qui s’était mis à écrire son nom dans ce style venu de New York; sur les palissades du Louvre, dans les catacombes, et sur les quais de la Seine, ramenant un autre langage visuel au paysage urbain parisien que les pochoirs et autres sigles qui existaient jusqu’alors. Même si il fait rapidement des émules, son sens singulier de l’esthétisme fut de lui un innovateur hors-paire; absorbant les traditions, les rythmes et la dynamique autour des métros de New York, tout en rajoutant sa touche personnelle, qui finira par définir ce qui deviendrait le “style européen”.
Toute l’Europe passait par Paris, à partir de 1985, et le style de Bando, nourrit d’avantage par ses rencontres avec Mode2 et les TCA, venues de Londres, puis avec Shoe et les USA venus d’Amsterdam, s’affûtait pour établir sa réputation comme “Parrain du graffiti Européen”. Les photos de ses murs dans Spraycan Art confirment ce statut. Copié mais jamais égalé par beaucoup de ses contemporains ainsi que les générations suivantes, son nom portera toujours un aura particulier dans l’histoire de cette culture. S’étant retiré de l’avant de la scène au début des années 90s, pour poursuivre ses projets musicaux (les labels mythiques comme Desco ou Soul Fire Records), puis se jetant à fond dans la spéléologie, rappelant ses explorations des catacombes de Paris au début des années 80s; nous avons la chance et l’honneur qu’il aurait choisit d’exposer quelques dessins, et surtout de nouvelles œuvres chez nous. Les fonds de ses toiles nous renvoient vers l’époque où Bando était le maître incontestable des pièces en chrome avec lesquelles il couvrait les murs de Paris et sa banlieue. Des tons rougeâtres du Madagascar (sa plus récente expédition), aux couleurs plus sombres de la Seine Saint Denis, ou du jardin de sa mère dans le 7ème arrondissement de Paris (adresse mythique par laquelle serait passée la crème de la crème de la scène Européenne); ces fonds nous rappellent ces murs qui étaient couverts de ses lettres, la grande majorité desquels auraient disparu depuis longtemps. Peut-être resteraient-ils encore quelques vieux fantômes par ci et par là. Les dessins eux, représentent le rituel quotidien qui était le sien des années durant; le travail des lettres et la recherche de nouvelles formes, explorant les équilibres les plus difficiles, du matin au soir. Seule “l’approvisionnement” en bombes de peinture venait perturber ce rythme, avant les missions nocturnes qui laisseraient leurs traces pour les jours ou les années à venir.